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D.- Les Cèdres

Projet lauréat - SILENCE

 

 

Estudio Cano Lasso S.L.P, rue de Guecho 27, E-28023 Madrid

Collaborateurs

 

Alfonso Cano Pintos, Beatriz Pozo, Mayca S. Carvajal, Alfonso Nebot, Alejandro Cano

MC2 Estudio de Ingenieria, Victor de la Serna 21, E-28016 Madrid

Collaborateurs

 

Julio Martinez Calzon, Alvaro Serrano Corral, Angel Vidal Vacas, Borja Encinas Maldonado et Miguel Torre Inigo

 

Extrait du rapport du jury

 

Par sa finesse, ce pont fait penser à une peau tendue. L’ouvrage présente une structure simple et fine, légèrement incurvée en élévation dans la travée centrale, qui lui procure une élégance discrète et une belle intégration dans le paysage.

 

On apprécie de se laisser surprendre par la légèreté du tablier de cette structure. Les efforts se cachent sous terre, là où sont placés de puissants ancrages. Son système statique est de qualité, original et cohérent. Il est constitué d’un ruban tendu en béton précontraint qui rend lisible le flux des forces. Technique dérivée d’une forme structurelle développée pour le béton précontraint, le ruban précontraint traduit une idée développée au cours des années 50 par l’ingénieur allemand Ulrich Finsterwalder et dont peu d'exemples sont réalisés en Suisse.

 

Simple et dynamique depuis l’autoroute, confortable et généreux avec sa surlargeur de 9.10m pour ceux qui le franchissent, cet ouvrage répond de façon élégante au problème posé. L’axe perspectif de l’autoroute avec ses talus caractéristiques est bien mis en valeur dans sa continuité. Sur les côtés, pour réceptionner l'ouvrage et retrouver le terrain naturel, les auteurs proposent des interventions paysagères intégrant rampe d’accès et escaliers pour les piétons. Le traitement des remblais, constituant certes une réponse fonctionnelle aux pentes maximales du parcours, offre une réponse habile à la protection contre le bruit de l'autoroute en les intégrant pleinement au traitement paysager des talus, ce que soulignent avec cohérence leurs boisements différenciés.

 

Cette simplicité et l'évidence du concept guidant le projet sont toutefois quelque peu bousculées par une surabondance d'aménagements secondaires : une œuvre d’art, des éclairages, des pavements, une promenade surélevée en bois, des bancs de plusieurs types et autres mobiliers urbains, etc. Ces interventions ne sont pas aussi abouties que la passerelle elle-même. Elles devront être mieux intégrées dans le développement du projet, en veillant à une économie de moyens et de formes et en les plaçant à leur juste échelle.

 

La séparation entre la voie piétonne et la voie cyclable, faite de tiges légères, flexibles et oscillantes au gré du vent, mériterait une traduction moins littérale tout en apportant une note ludique, sans la lourdeur d’une barrière et sans nécessité de continuité absolue sur toute sa longueur. Son illumination inspirée par l’art cinétique, utilisant le mouvement des personnes sur le pont dans un double but, celui des économies d’énergie et celui du fun, peut être une idée pour autant que ce soit le passant qui en profite, sans que cela nuise à la concentration des automobilistes sur l’autoroute.

 

Si la continuité du cheminement des piétons est traitée avec justesse et confort, le détour imposé aux cyclistes n’est pas optimal. Certains peuvent y voir une manière de diminuer la vitesse d’arrivée dans le quartier des Cèdres, mais le risque de court-circuiter ce grand virage est source d’insécurité.

 

Projet fort et discret à la fois, franchissement fonctionnel et confortable de l’autoroute, c’est avant tout avec la passerelle que ce projet a convaincu le jury. L’ouvrage est un pont intégral, dépourvu d’appareil d’appui et de joint à entretenir. Une béquille comprimée enterrée sous le talus de l’autoroute assure l’équilibre des forces d’ancrage du ruban à chaque extrémité, en combinaison avec les tirants d’ancrage de la culée.

 

L’utilisation d’ancrages permanents, au droit des culées n’est pas adéquate. L’étude de la reprise de la force verticale, induite par l’ancrage du ruban aux culées, devra être approfondie en considérant l’effet du poids propre de celles-ci et l’utilisation de pieux en traction.

 

Les détails constructifs sont bien conçus. Les pentes de l’ouvrage permettent l’écoulement des eaux de surface mais les détails de l’étanchéité sont à améliorer pour garantir sa durabilité lors du projet définitif.

 

La méthode de construction du ruban est intéressante et efficace. Elle a l’avantage d’éviter le gabarit de l’autoroute. Les voussoirs préfabriqués sont mis en place et tirés pour glisser sur un tirant de montage en plat d’acier préalablement tendu sur le tracé et ancré aux culées.